Les « transitions » : problème sémantique ou conceptuel ?

Le terme de « transition » s’est imposé dans le langage non seulement courant et journalistique, mais aussi expert. Difficile aujourd’hui de parler de ces phénomènes sans utiliser cette expression : de transition énergétique en transition démocratique, démographique ou digitale…

Pourtant, le terme même de « transition » est gros de sous entendus conceptuels : il s’agirait d’une étape, transitoire (donc synonyme de « temporaire ») entre deux états stables supposés se succéder. A la manière du terme de « crise », qui se retrouve notamment dans La Structure des Révolutions Scientifiques de Thomas Khun : la « crise sceintifique » n’est alors qu’un temps intermédiaire entre deux états de science « normale ».

Pourtant, comme le rappelle Myriam Revault d’Allonnes dans un essai récent, la « crise » (comme la transition) est un concept complexe. Avec elle, il faut essayer de penser crise et transition non plus comme des « moments », mais comme des « états », potentiellement durables.

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